Jouer mail par mail
Une manière old school de faire du jeu de rôle. Plus lente. Plus écrite. Plus réfléchie.
Ici, on ne joue pas en temps réel. On prend le temps d’écrire, de poser les ambiances, de laisser respirer les décisions.
Un héritage discret des années 90–2000
Le jeu de rôle par email — parfois appelé PBEM (Play By Email) — s’est développé avec les premières communautés internet, à une époque où les forums, les mailing lists et les serveurs persos remplaçaient les tables physiques.
Les parties pouvaient durer des mois, parfois des années. Chaque message devenait un fragment de roman collectif. Les descriptions étaient plus riches, les dialogues plus travaillés, et les actions moins impulsives.
Ce format favorisait une chose précieuse : la densité. On écrivait pour être lu. On relisait pour mieux répondre.
Pourquoi nous jouons ainsi
Nos vies sont chargées, discontinues, parfois imprévisibles. Jouer en “live” est devenu compliqué. Le mail par mail permet d’avancer à son rythme, sans pression d’horaire ni contrainte de connexion.
C’est aussi une façon de créer un univers plus posé, plus intime. Les décisions sont pensées. Les scènes sont écrites. On ne cherche pas la performance immédiate, mais la cohérence et l’atmosphère.
À mi-chemin entre le jeu de rôle et l’écriture collaborative, cette forme nous permet d’explorer des personnages en profondeur, de laisser des silences, de revenir sur un détail, et parfois d’oser des choses qu’on ne dirait pas autour d’une table.
Le rythme
Une action peut prendre un jour. Une scène peut s’étirer sur une semaine. Ce n’est pas un défaut : c’est le tempo choisi.
Le Gard’histoires conserve la trace de ces échanges. Les épisodes deviennent des archives. Le codex garde la mémoire de ce qui a compté.
Jouer lentement n’est pas ralentir l’histoire.
C’est lui donner du poids.